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Pourquoi Apple, Michel Augustin, ou Ikea vous ont marqué plus que d’autres ?
Ce n’est pas qu’une question de budget ou de produit mais de comportements, de réactions cognitives, liés à nos besoins, désirs, conscients ou inconscients, rationnels ou irrationnels.
Souvent assimilé à « l’art de vendre », le marketing consiste à l’origine à connaitre et comprendre suffisamment le client pour que le produit ou le service lui convienne parfaitement et se vende de lui-même. Quand Nintendo a conçu la Wii ou encore quand Apple a lancé l’iPad, ces innovations ont généré très rapidement des ventes, de part l’influence sur les désirs des consommateurs.
C’est pourquoi comprendre les mécanismes cognitifs derrière la prise de décision est devenu incontournable pour votre stratégie de marketing. Davantage dans un paysage saturé de messages et de sollicitations, c’est devenu l’un des leviers les plus puissants d’une stratégie marketing optimale. C’est là qu’entre en jeu ce qu’on appelle le « neuromarketing ».
Alors, quels mécanismes ou concepts neuromarketing activer pour que votre marketing devienne un vrai levier de prise de décision d’achats ou de génération de leads ? C’est ce qu’on va décortiquer dans cet article.
À retenir dans cet article
Avant de plonger dans les mécanismes tactiques du neuromarketing, voici les fondamentaux des marques qui « font marque », qui restent. Celles qu’on reconnaît sans lire leur nom. Celles qu’on défend sans qu’elles nous aient rien demandé.
Une marque, c’est ce que les gens ressentent quand ils pensent à votre marque. C’est ce qu’ils disent de vous quand vous n’êtes pas dans la pièce. Ce qui reste en mémoire, c’est l’émotion, le besoin qu’une marque véhicule. Celle qui crée une singularité reconnaissable, au bon moment, d’une façon qui ne ressemble à personne d’autre. Celle dont l’expérience est cohérente et inspirante du premier contact au dernier.
Prenons l’exemple d’Apple, lorsqu’ils ont crée les tablettes, et ils ont répondu à un besoin profond, latent et rêvé dont le consommateur n’avait même pas conscience, ou encore Starbucks et sa cup avec votre prénom écrit dessus. Un geste simple, presque anodin qui pourtant crée un lien immédiat, personnel et mémorable. Ce n’est pas du hasard. C’est du neuromarketing appliqué à l’identité de marque.
Ce qui reste en mémoire, ce n’est pas le meilleur produit mais :
Une identité claire et singulière avec un territoire visuel, un ton, une façon d’être immédiatement reconnaissables. Innocent avec ses étiquettes qui parlent comme un ami. Michel & Augustin avec leur côté « gang de copains qui font des gâteaux ». Apple avec cette épure qui dit tout sans dire grand-chose.
Créer de l’émotion. Parce que le cerveau retient ce qui l’a touché, pas ce qui l’a informé. La pub du loup d’Intermarché n’a pas vendu des pâtes. Elle a vendu une émotion. Et cette émotion a tout vendu.
Une cohérence absolue sur tous les canaux, à tous les moments, pour être lisible et reconnue. La familiarité précède la confiance. On n’achète pas ce qu’on ne reconnaît pas.
Une répétition intelligente, et non une répétition mécanique du même message, mais celle d’un territoire, d’une signature, d’une promesse, d’un slogan. Ce que vous dites cent fois finit par définir ce que les gens pensent de vous.
Une promesse et une expérience tenue ce qu’on dit et ce qu’on fait vivre sont parfaitement alignés. Et la preuve sociale vient valider tout le reste. Preuve en est, on adhère plus facilement à un produit ou un service lorsque d’autres l’ont déjà adopté.
Et c’est là que le neuromarketing entre en jeu, comprendre comment ces éléments résonnent ou non dans le cerveau de vos clients.
Kahneman et son collègue Amos Tversky ont mis en lumière dans les années 1970 que notre cerveau utilise des schémas de pensée automatiques, des raccourcis cognitifs qu’on appelle biais qui sont au nombre de 250.
Voici les 9 biais utiles à retenir et à activer en marketing, 9 concepts neuromarketings qui facilitent la prise de décisions ou de génération de leads.
La façon dont vous formulez une idée influence radicalement la perception qu’on en a.
« 90% de réussite » et « 10% d’échec » décrivent la même réalité mais ne produisent pas le même effet émotionnel.
En pratique : cadrez toujours votre message par le gain, la solution, le résultat positif. La formulation n’est jamais neutre.
Les gens ont tendance à imiter les autres, surtout lorsqu’ils sont dans l’incertitude ou ils ont besoin d’être rassurés dans leur choix. C’est là que l’influence sociale entre en jeu dans le neuromarketing.
Prenez Amazon et ses fameuses suggestions sur le nombre de clients par produit. Ce n’est pas juste une recommandation de produits mais une astuce de neuromarketing qui joue sur la preuve sociale et qui nous pousse à penser « Si tant de gens ont acheté ces produits ensemble, ça doit être un bon choix » .
En intégrant l’influence sociale dans votre stratégie, vous ne dites pas seulement à vos clients ce qu’ils devraient acheter : vous leur montrez que d’autres l’ont déjà fait. Et en marketing, rien n’est plus puissant que de montrer qu’on n’est pas seul à avoir fait ce choix.
En pratique : partagez des témoignages positifs, des vidéos de clients, des études de cas ou des notes sur Google Business.
Fragmenter un montant important en montant plus petit le rend psychologiquement plus accessible et raisonnable.
« 1 200€/an » versus « 3,30€/jour » reste le même prix, or, le cerveau ne les perçoit pas de la même façon.
En pratique : si votre offre implique un investissement, décomposez-la en unités plus digestes pour réduire la friction à l’achat.
Face à trois options, on choisit rarement la moins chère et rarement la plus chère. Quand vous devez choisir la taille de votre café entre Small, Médium et Big, vous allez plus facilement choisir l’option du milieu.
C’est l’effet de la « juste valeur perçue » : l’option du milieu rassure, elle semble raisonnable.
En pratique : construisez une architecture tarifaire en trois niveaux et mettez en avant celle que vous souhaitez voir choisie le plus souvent.
Nous accordons plus de valeur aux choses dans lesquelles on a investi du temps ou de l’effort.
Ikea l’a magnifiquement utilisé avec ces meubles à monter soi-même. Quand Ikea a remarqué que les gens souhaitaient des meubles de qualité à bas prix, l’entreprise a imaginé des meubles à monter facilement et soi-même et en a tiré double bénéfice. En proposant au client de personnaliser un produit ou de participer à sa création, non seulement son engagement augmente mais aussi son attachement émotionnel au produit.
En pratique : impliquez vos clients dans l’expérience de vos produits ou de vos services. Personnalisation, co-création, onboarding progressif tout ce qui leur donne le sentiment d’avoir contribué renforce leur attachement à votre marque.
Trop de choix paralysent et laissent place à l’inaction. L’expérience de prise de décision n’est pas la même lorsqu’on a un menu à 20 choix plutôt que 10.
C’est le même mécanisme que la loi de Hick en UX Expérience appliqué à votre stratégie de contenu et d’offre.
En pratique : plus vous simplifiez ou catégorisez votre offre plus vous faciliterez le choix de votre client. Réduire les options augmente mécaniquement les conversions.
Parlons prix, et plus précisément comment le marketing peut influencer la perception des prix. Le premier prix affiché influence toujours la valeur perçue de tout ce qui suit.
Vous voyez 800€ puis 350€, le second semble une affaire. Vous voyez 200€ puis 350€, il vous semble cher. Même produit, même prix, perception radicalement différente. Commencez par présenter un produit coûteux, puis un autre moins cher juste après. Le second semble soudain beaucoup plus abordable, n’est-ce pas ? C’est l’effet d’ancrage. C’est une technique de neuromarketing classique pour influencer la décision d’achat.
Vous voyez 19,90€ au lieu de 20€. La perception que vous faites du prix change même si la différence de prix est minime. C’est l’effet de niveau. C’est tout un art de rendre un produit plus attractif juste par son prix.
En pratique : pensez à ajuster stratégiquement vos prix, il s’agit de votre premier point de contact tarifaire. C’est lui qui calibre tout le reste.
On accorde plus de valeur aux choses une fois qu’on les possède (ou qu’on a le sentiment de les posséder).
C’est pourquoi les essais gratuits et les démos fonctionnent si bien : une fois que l’utilisateur a pris en main votre service, le sentiment de propriété s’installe. Quitter devient une perte. Prenez l’exemple d’Amazon et de ses abonnements premium, nombre de consommateurs ne résilient pas leur essai.
En pratique : donnez à vos prospects la possibilité de tester avant d’acheter. L’essai crée l’attachement. L’attachement crée la conversion.
Qu’en est-il de l’avenir du neuromarketing ? Les tendances, les comportements changent avec lui.
Beaucoup parlent de l’influence de l’IA sur les comportements, une personnalisation pointue jusqu’à l’idée de campagnes publicitaires adaptables en temps réel selon l’humeur, la réaction des consommateurs.
L’urgence, la rareté, la preuve sociale, l’effet de contraste représentent des leviers puissants. Mais uniquement lorsqu’ils sont légitimes et utiliser à bonne escient. Des fausses urgences, des stocks fictifs, des pop-ups intrusifs sabotent la confiance. Et une fois la confiance, perdue, elle ne se rachète pas et les clients ne reviennent plus.
Le neuromarketing efficace s’applique avec intelligence et justesse au service d’une marque authentique, cohérente, et singulière. Il s’agit de faciliter et non de forcer une décision qui était déjà en train de se prendre.
Parce qu’au fond, le cerveau de vos clients est très bien fait. Il détecte l’imposture et reste en mémoire, et ce durablement.
De l’effet Ikea, à la preuve sociale, en passant par l’effet d’ancrage ou encore de storytelling, les concepts de neuromarketing ne sont pas à prendre à la légère et sont à activer avec bonne intelligence pour une stratégie de marketing efficace.
Le neuromarketing n’est pas une boîte à tricks réservée aux grandes marques ou aux équipes avec des budgets de recherche. C’est une façon de penser votre stratégie en partant de la psychologie réelle de vos clients, de leurs besoins, leurs désirs, leurs émotions, ce qui les rassure et ce qui les décide.
Chaque mot compte. Chaque structure d’offre envoie un signal. Chaque émotion que votre marque déclenche est un levier. La question n’est pas de savoir si vous utilisez le neuromarketing dans votre communication. C’est de savoir si vous le faites consciemment ou par hasard.
Parce qu’un marketing qui comprend ses clients, ses besoins au niveau de leurs décisions inconscientes n’a plus besoin de convaincre. Il attire, naturellement.
Et vous, quelle stratégie de neuromarketing avez-vous activé ?
Moi c’est Elodie Carlier, partenaire stratégique en marque, marketing, web et communicationmarque. Pour plus de tricks hebdo, abonnez-vous à ma newsletter.